Voyager minimaliste lac Angkor Wat
Récits de voyageuse,  Voyage écoresponsable

Comment le voyage m’a rendue plus minimaliste

Le minimalisme a le vent en poupe en ce moment. Et c’est une bonne nouvelle pour nos économies comme pour la planète. Personnellement, c’est le voyage qui m’y a sensibilisé et qui continue à le faire.

Voyager n’est pas l’activité la plus écoresponsable, loin de là. Pourtant, c’est elle qui est à l’origine de ma prise de conscience écologique. C’est en voyageant que j’ai ressenti le besoin de protéger les lieux que je découvrais.

Et c’est en voyageant que j’ai découvert le minimalisme.

Une prise de conscience pendant mon expatriation

En 2015 je suis partie faire mes études au Canada. À cette époque, je triais mes ordures, j’aimais la nature et je regardais de travers les gens qui jetait leurs déchets dans la rue. C’était plus ou moins l’étendue de mon engagement écologique.

Mes parents m’ont accompagnée lors de mon départ, pour découvrir le Québec avec moi. J’ai donc bien profité de leurs deux valises respectives, plus la mienne, et j’avais même pu bénéficier d’une valise supplémentaire gratuitement.

2 valises et demi environ, ça me paraissait bien le minimum pour déménager toute ma vie pour ce que j’envisageais alors comme deux ans d’études.

Puis ma vie là-bas a commencé : beaucoup de travail, peu de temps libre pour visiter le pays ou rencontrer des gens, qui a abouti sur une perte de motivation et une remise en question de mes études.

J’avais une bourse, peu de loisirs et beaucoup d’ennui alors j’ai pas mal dépensé en vêtements, en nourriture réconfortante… de la fast-fashion et de la fast-food, le bon combo pour une vie saine n’est-ce pas ?

À la fin du premier semestre, j’ai fini par prendre ma décision d’arrêter ces études qui ne plaisent pas et de me réorienter. J’ai terminé mon année puis travaillé dans un restaurant de poutine (autant m’épanouir dans les clichés) pour m’offrir un premier voyage en solo au Mexique. Puis ça a été l’heure du départ.

Et là, le choc

Je réalise violemment la quantité de choses que j’ai accumulée au moment où je dois tout faire tenir dans deux valises de 23 kg. De la décoration, des vêtements, du mobilier… pas cher, de qualité passable, acheté sur un coup de tête. L’angoisse.

Je trie comme jamais je n’ai trié, je donne des sacs poubelles remplis à ras bord de vêtements à l’Emmaüs du quartier. Je vends pour un prix dérisoire mon mobilier et mes affaires au locataire suivant.

Alors je ne suis pas devenue minimaliste du jour au lendemain, à la suite de cette expérience. (En réalité, je suis rentrée avec mes deux valises en surpoids, ce qui m’a conduit à payer un supplément au même prix que si j’avais enregistré une troisième valise.)

Mais ça m’a ouvert les yeux, et à chaque voyage, à chaque déménagement, j’ai une piqûre de rappel.

Voyager minimaliste cerisier en fleur

Voyager plus minimaliste

Si cet exemple s’appuyait sur un déménagement, c’est quand même le voyage qu’il impliquait qui m’a contrainte à réduire mes affaires. Cette claque au Canada m’a permis de réaliser que j’avais bien trop d’affaires, que j’achetais trop et mal.

Il ne me fallait plus qu’un voyage en sac à dos pour me convaincre qu’un autre mode de vie était possible. En partant au Mexique, je n’ai pris que mon sac de randonnée. Je ne l’avais pas enregistré en soute, j’avais trop peur qu’on me l’égare. Mon premier voyage solo me terrifiait déjà assez comme ça sans ajouter la menace d’une perte de mes bagages.

J’ai découvert que je m’en sortais très bien avec un petit nombre d’affaires, autant au niveau des vêtements que de ma trousse de toilette. J’ai adoré cette liberté de mouvement, ce nomadisme.

Depuis, je voyage en sac à dos autant que je peux. J’ai passé la barre d’un mois de voyage en sac à dos en Asie du Sud-Est, mais je suis encore très loin des tours du mondiste qui voyagent des années avec 12 kg sur le dos.

Pour mon écovolontariat au Costa Rica par exemple, je suis partie 6 mois. Je n’ai pas pu me passer d’une valise, sachant que j’allais rester au même endroit pendant tout le séjour. Mais j’avais prévu mon sac à dos pour les petites escapades. (Et quand il fallu traîner ma valise sur 2 km de route de gravier sans colectivo à l’horizon, je l’ai regretté).

Tout ça pour dire qu’il s’agit d’un travail constant. Mais la prise de conscience est là, les efforts aussi, alors ça ne peut qu’aller dans la bonne direction ! Et se répercuter sur ma consommation dans son ensemble.

Vivre plus minimaliste

Car oui, si pour moi le minimalisme est arrivé par le voyage, je l’ai peu à peu introduit dans mon mode de vie. C’est un travail de longue haleine, surtout quand on revient de loin au niveau du shopping. Mon armoire déborde toujours, mais je trie régulièrement.

Le point le plus important, c’est qu’à chaque fois que je veux acheter quelque chose, j’ai cette question qui s’impose et qui ne me venait pas avant :

« Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? »

Bien sûr la réponse est souvent non. Parfois c’est juste un achat qui me fera plaisir, ce qui a son utilité en soi. Mais j’ai quand même cette interrogation, et je me souviens de l’angoisse que j’ai ressentie en voyant la quantité astronomique de mes possessions (façon Marie Kondo). Et rien qu’avec ça, j’ai appris à consommer moins et mieux.

Ça signifie acheter de la meilleure qualité pour faire durer dans le temps. Ne pas succomber aux sirènes de la mode, mais trouver un style qui nous va et dans lequel on se sent bien. Trier régulièrement et trouver une seconde vie à ses possessions : vente, don, recyclage… On a tout à y gagner.

Voyager minimaliste plage Thaïlande
Photo par @cecilekf

Les avantages du minimalisme

Car le minimalisme a des avantages multiples, autant en voyage que dans la vie quotidienne.

C’est un gain d’espace. À la maison, le placard est aéré, on s’y retrouve mieux. En voyage, le sac est moins lourd, moins encombrant.

Ce sont des économies réalisées. Acheter moins signifie réduire les dépenses. Alors certes, on investit dans de la meilleure qualité, ce qui a un coût, mais sur le long terme c’est toujours de l’argent économisé.

C’est moins de stress. On se creuse moins la tête le matin quand on doit s’habiller, se maquiller. On sait que les pièces sélectionnées vont ensemble, nous plaisent et nous mettent en valeur.

C’est plus de tranquillité d’esprit. Je ne sais pas pour vous, mais vivre ou travailler dans un lieu en désordre, encombré, me rend anxieuse et m’empêche de me concentrer. Alors c’est peut-être mon côté control freak, mais je sais que je ne suis pas la seule (manifestez-vous !).

C’est plus de mobilité. Réduire ses affaires permet de voyager plus facilement, on se rend compte qu’on a besoin de moins et on apprend à faire sa valise rapidement et efficacement. Même pour déménager, ça rend les choses plus faciles, qu’il s’agisse de s’expatrier ou simplement de changer de ville ou de quartier.

Quand minimalisme rime avec écoresponsabilité

Au final, je trouve que minimalisme et écologie sont indissociables. Quand on se tourne vers un mode de vie plus responsable, le minimalisme finit par s’imposer naturellement. On apprend à réutiliser, réduire, recycler (3 des 5 R d’un mode de vie plus écologique !).

Naturellement, cette prise de conscience s’étend ensuite à la garde-robe, aux objets, à la cuisine, aux cosmétiques, etc. Posséder moins veut aussi dire posséder mieux : des objets durables, pratiques, voire multi-fonctions. C’est parfois un investissement mais à long terme c’est souvent mieux pour la planète, la santé et l’éthique.

Au final je ne dis pas qu’un petit voyage en sac à dos a suffi à me rendre minimaliste, capable de vivre avec 4 vêtements dans mon placard et 3 meubles dans la maison.

Mais le voyage m’a aidé à une vraie prise de conscience qui dure encore aujourd’hui et m’accompagne tous les jours. Le minimalisme véritable est un mode de vie exigeant, mais l’intégrer à petite dose dans son quotidien est simple et très bénéfique.

J’ai été assez inspirée par le film Minimalist sur Netflix. Les deux personnages principaux sont assez extrêmes dans leur minimalisme. Je suis très loin de ça et j’ai encore des petites poussées de shopping, occasionnellement.

Mais ça m’a fait m’interroger, sur ce besoin de vouloir toujours plus.

Comme pour mon engagement écologique, mon mode de vie est imparfait, mais il évolue dans le bon sens. Et ma passion pour le voyage en est le déclencheur.

Quelles sont vos pensées sur le sujet ? De quoi vos voyages vous ont-ils fait prendre conscience ?

Signature Blue Ashes Travel


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Sarah est voyageuse et conservationniste. Sur Blue Ashes Travel, elle vous parle environnement et découvertes ! Elle vous embarque dans ses aventures à travers le monde et souhaite vous rendre le voyage et la conservation plus accessibles.

2 Comments

  • Julie / hors du temps

    C’est vrai que le voyage est un bon moyen de devenir minimaliste 😉
    Je crois que je suis devenue minimaliste depuis que je voyage avec mon copain, depuis presque 10 ans … Il ne remplissait même pas un eastpack pour un week-end alors que j’étais capable de remplir une « grande » valise cabine pour 2 jours ! Et pourtant, je ne mettais que la moitié des habits que je prenais …
    Depuis, je voyage très léger 🙂 (je suis partie en Afrique du Sud avec seulement une valise cabine pour 2 semaines…)
    Mais je pense qu’au dela des voyage, c’est certainement vivre à Paris, dans un microscopique studio qui m’a appris à être minimaliste !

    • Sarah

      Haha j’aime beaucoup tes exemples ! Je suis toujours impressionnée de ces gens qui prennent un petit sac à dos en toutes circonstances. Et le marché de l’immobilier à Paris semble une belle solution à l’encombrement !
      Comme tu dis au final on n’a porté que la moitié de nos vêtements, et c’est toujours un bon moyen de se rendre compte de la taille injustifiée de notre valise (mais c’est dur quand tu es dans la team « au cas où »… comme moi).

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