Voyage écoresponsable main nature
Voyage écoresponsable

Suis-je une mauvaise voyageuse écoresponsable ?

Quelle hypocrite ! Elle parle voyage écoresponsable alors qu’elle prend l’avion, elle utilise du plastique à usage unique, elle part dans des destinations hyper-fréquentées…

Je plaide coupable.

Les contradictions du voyageur écoresponsable

Parler d’écologie, de voyage écoresponsable, c’est se mettre dans une position délicate. Il faut être irréprochable. Si vous parlez de cosmétiques bio, gare au moment où vous succombez à un déodorant de grande surface. Vous recyclez mais difficile d’éviter tous ces sur-emballages en plastique dans les pays où l’écologie perce à peine. Vous aimez partager sur le voyage responsable mais vous avez une empreinte carbone épouvantable avec tous ces voyages en avion.

Le monde de l’écologie est plein de contradictions. Il faut savoir l’accepter. Je sais que beaucoup de voyageurs-ses partagent ce sentiment. À ce sujet, j’ai beaucoup aimé lire l’article de Julie Hors du temps sur les contradictions d’une voyageuse écolo.

J’ai étudié la conservation animale et j’écris sur le voyage, la conservation de la nature et les découvertes écoresponsables. En même temps, je prends l’avion, parfois pour des trajets inutilement longs pour faire des économies. J’ai acheté des bouteilles en plastiques dans des pays où l’eau n’est pas potable et où les points de recyclage sont rares. J’utilise des produits bio et/ou naturels, mais aussi des produits plus douteux.

Mais j’essaie. De réduire les plastiques à usage unique, de regarder les compositions, de réduire ma consommation de viande (voire arrêter), de mieux me renseigner sur les destinations.

Ça parait interminable et au final ce n’est jamais parfait, mais il faut savoir l’accepter et faire de son mieux. Vouloir du jour au lendemain passer au zéro déchet, supprimer toute empreinte négative, c’est le meilleur moyen de se décourager.

Faire la leçon aux autres également.

Voyage écoresponsable Lost Waterfalls Boquete Panama

La culpabilité du voyageur écoresponsable

Je ne me pose pas en prophète irréprochable du voyage écoresponsable. Je fais de mon mieux pour proposer des solutions, changer mes habitudes, voyager plus minimaliste. Mais j’ai fait des erreurs et je continue à en faire.

Beaucoup de personnes qui se veulent écoresponsables, à commencer par moi, ont pu faire des choses qu’ils regrettent aujourd’hui. Ironiquement, elles n’étaient souvent motivées que par leur passion de la nature.

J’ai des amies, également dans la conservation animale, qui, plus jeunes, sont allées prendre des photos avec des tigres ou sont montées sur des éléphants. Je suis allée à Marineland, étant petite. Ça n’enlève rien aux efforts que nous faisons aujourd’hui. Ça montre surtout combien l’information est importante. À l’époque, on parlait à peine des dérives des soi-disant centres de réintroduction, ou des conditions de captivité des animaux.

La youtubeuse Emy LTR en parle très bien dans sa vidéo Ouvrez les yeux, où elle dénonce les dérives du tourisme animalier. Elle commence par énoncer tout ce qu’elle regrette avoir fait ou porté, pour le reconnaître et empêcher les détracteurs de saper son discours. Parce que critiquer cette démarche sous le prétexte qu’elle n’irait pas assez loin, à quoi ça mène, à part décourager les efforts entrepris ?

Il faut trouver le juste milieu entre efforts et indulgence et commencer à notre échelle. On fait tous des erreurs et l’important aujourd’hui n’est pas de se flageller pour ça. L’important, c’est de se renseigner. De sensibiliser, pour que d’autres évitent ces erreurs et que les opportunités de les faire ne se présentent plus.

Je ne cesse jamais de me remettre en question. Comme au Mexique, où je me suis demandée s’il était possible de nager écoresponsablement avec les requins-baleines.

Voyage écoresponsable Rainmaker Costa Rica

Comment s’améliorer ?

1. Se renseigner

C’est à la portée de tous. Suivez des youtubeurs, instagrammeurs, blogueurs qui parlent de ces sujets. Avant de faire une activité qui implique des animaux ou un espace naturel, renseignez-vous sur les règles mises en place pour la protection du lieu ou de la vie sauvage.

Par exemple, la blogueuse derrière le blog Belette Rousse a plein de bons conseils pour voyager plus responsablement. Pierre, derrière le blog Un Notre Monde, partage également ses conseils de voyage responsable suite à son déclic écologique.

Également, le collectif d’influenceurs Onestprêt a partagé des défis quotidien au mois de novembre 2018, ils sont toujours d’actualité ! Sur Instagram, n’hésitez pas à suivre les hashtag #tourismedurable, #tourismeresponsable ou encore #ecotourism !

2. Sensibiliser

N’hésitez pas à en discuter autour de vous, à partager les ressources qui vous ont aidé sur les réseaux sociaux. Si plus de personnes sont sensibles à ces causes, si l’on crée le besoin pour le changement, il finira par arriver. Par exemple, les pailles en plastique sont de plus en plus remplacées par des alternatives durables dans certaines destinations touristiques. Ce n’est qu’un petit début et ça ne va pas enrayer la pollution plastique dans les océans, mais ça montre que le changement est possible.

3. Soutenir

Vous pouvez participer à toutes les échelles, en prenant un moment pour nettoyer une plage ou ramasser des déchets en randonnée. Vous pouvez aussi voyager à travers un pays en effectuant des missions d’écovolontariat dans des associations (attention, choisissez-les bien !). Enfin, vous pouvez soutenir financièrement les associations qui vous tiennent à cœur.

4. Agir

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à mettre en place des actions concrètes pour limiter votre empreinte carbone en voyage (ou chez vous !). Lancez-vous des défis : une semaine zéro-déchet, une semaine végétarienne, cherchez à recycler vos déchets.

Vous vous rendrez compte que c’est plus facile qu’il n’y paraît et vous pourrez l’intégrer doucement à votre quotidien. Des applications peuvent vous aider à être plus écoresponsables, pour trouver le restaurant végétarien ou le point de recyclage le plus proche de vous, à travers le monde !

Voyage écoresponsable main nature

Voyager écoresponsablement

C’est ça et bien plus le voyage écoresponsable. Et nous sommes de plus en plus nombreux à l’adopter. C’est un marché qui se développe.

Je vous prépare aussi une série d’articles pour vous aider à voyager plus responsablement. En attendant, j’ai été très inspirée par l’article de Parenthèse Citron qui considère le voyage responsable comme une nécessité.

Alors ne cessons jamais de nous améliorer. L’humain fait partie de la nature, comme tout animal, il est donc illusoire d’espérer supprimer tout impact sur la planète. Toutes les espèces ont un impact sur leur environnement, la différence est que le nôtre est disproportionné et profondément délétère.

L’important, c’est d’être capable de changer pour en faire, sinon un impact bénéfique, un impact neutre.

Alors oui, ma passion pour le voyage est polluante mais je fais des efforts pour limiter mon empreinte carbone, à l’étranger comme à la maison. Le défi vous tente ? Accompagnez-moi dans cette démarche en vous abonnant à Voyager plus responsable avec Blue Ashes Travel ! Je pense sincèrement que le voyage est le meilleur moyen de découvrir la nature et ainsi apprendre à la protéger.

En fait, je n’ai jamais été aussi déterminée à avoir un impact positif sur le monde que depuis que j’ai commencé à le découvrir.

Ça vous a inspiré ? Quelles sont les démarches que vous avez adopté pour limiter votre impact ? Dites-moi tout !

Signature Blue Ashes Travel

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Sarah est voyageuse et conservationniste. Sur Blue Ashes Travel, elle vous parle environnement et découvertes ! Elle vous embarque dans ses aventures à travers le monde et souhaite vous rendre le voyage et la conservation plus accessibles.

6 Comments

  • Cathoo

    Cet article tombe tellement à pic, et correspond à mon cheminement actuel.

    Cela fait quelques temps que mon quotidien s’est adapté à un mode de vie plus doux, limitant la surconsommation, achetant local, évitant le suremballage, diminuant la consommation de chair animale…

    Mais cette problématique de pollution quand on voyage me pose beaucoup de soucis. J’aime tellement voyager, découvrir le monde, et à la fois c’est tellement important pour moi de limiter mon impact sur l’environnement que je me sens tiraillée entre ces deux parties de moi-même…(schizophrénie, bonjour!)

    Bref, merci pour cet article, ça apporte un peu plus de matière à ma réflexion intérieure!

    • Sarah

      Merci pour ton commentaire ! Ça fait plaisir de lire d’autres personnes qui ont suivi le même cheminement de pensée et qui prennent la même voie. Je te comprends tout à fait pour cet effet schizophrène du voyage ! Pour ma part, j’ai envie d’apporter des changements de ce côté là aussi et essayer de voyager plus local et privilégier autant que possible d’autres transports que l’avion, quand c’est possible. Puis je le répète, je pense qu’il faut être indulgent autant avec soi-même qu’avec les autres. On ne peut pas supprimer totalement notre impact, alors je pense que commencer par en prendre conscience et s’adapter petit à petit, c’est déjà un super début ! Bonne chance pour tes réflexions 🙂

  • Rokusan

    Merci pour cet article très juste dans lequel je me retrouve très bien. Soutenir, se renseigner et faire des efforts à notre échelle et à notre rythme sont, à mon sens, les débuts pour avancer. Le problème que je regrette avec cette volonté de “voyages écolos” c’est qu’il y a une sorte de chasse à la sorcière : “ah oui tu dis ça mais t’as vue t’as fais ça !”, “ouais enfin t’es un peu hypocrite, tu dis ça mais à côté tu fais ça”. Au lieu de voir les points positifs on ne relève souvent que le négatif et ça donne l’impression que quoi qui soit fait c’est pas assez et donc que c’est nul.
    Malheureusement l’avion reste un moyen de transport très pratique et on a pas tous la chance de pouvoir s’en priver pour voyager et découvrir notre monde.

    • Sarah

      Merci à toi pour ton commentaire ! C’est ce qui me gêne le plus aussi ce jugement permanent. Dès l’instant où on prend une décision, il y en aura toujours pour considérer que ce n’est pas assez, ou nous ramener nos erreurs passées sous le nez. C’est tellement contre-productif ! S’il fallait faire les choses parfaitement du premier coup, personne ne les ferait. C’est pour ça que je pense qu’il est important d’être indulgent avec soi-même et avec les autres, certes ça va pas changer la face du monde, mais petit à petit de plus en plus de monde va rejoindre le mouvement, sauf si on les braque direct en les jugeant. Ça fait plaisir en tout cas de lire d’autres voyageurs qui sont dans le même état d’esprit, on va y arriver ! 😉
      En ce qui concerne l’avion je ne me vois pas non plus y renoncer, dans certains cas c’est inévitable (surtout pour des destinations lointaines) mais j’aimerais réfléchir davantage à des alternatives ou à compenser ces trajets 🙂

  • Pierre - Un Notre Monde

    C’est très intéressant tout ce que tu dis parce que j’avoue que justement moi à un moment je me suis flagellé.
    J’ai envie de dire que c’est normal. Mais à la réflexion non en fait. On progresse pas en se sentant mal, non. Seul un message positif aide à progresser. En tout cas c’est ce que j’essaie de faire sur mon blog et avec mon entourage désormais, c’est le meilleur moyen de tirer tout le monde vers le haut, sans faire culpabiliser, chacun sa démarche, ses difficultés 🙂
    Ah oui et un truc : ne pas écouter les irréductibles cyniques qui ne font rien et qui critiquent nos incohérences d’écolos 😉
    Par contre comme tu dis faut reconnaître ses erreurs. Ça permet de savoir où on est. Et pas regarder seulement ce qu’on ne fait encore pas, mais aussi ce qu’on a déjà accomplit !
    Et j’avoue que j’y avais pas pensé, mais tu as trop raison de souligner l’importance de l’information dans les erreurs qu’on peut faire. C’est vital en fait. Comme tu dis si bien on a tous fait des erreur à cause du manque d’informations ou parfois de la mauvaise information.
    Ah et que je suis trop d’accord avec ta conclusion !! Moi c’est uniquement grâce à mon premier voyage en Asie y’a 5 ans que j’ai eu un déclic écolo et sur l’exploitation des pays les moins développés. Et c’est effectivement tout un paradoxe : on pollue en voyageant, mais en même temps c’est qui nous sensibilise et nous permet de nous améliorer 🙂

    • Sarah

      Merci Pierre pour ton message, je vois qu’on a effectivement eu les mêmes réflexions ! J’imagine que c’est normal de se flageller oui, au début, avant de progresser au point où on se rend compte d’où on est parti et du chemin qu’on a déjà parcouru dans notre engagement écologique. Je lis ton blog aussi, j’aime beaucoup ce message positif justement, c’est le plus efficace ! Quant aux cyniques, les incohérences il y en aura toujours, on ne sera jamais irréprochables, mais au moins on essaie de s’en approcher 😉
      Effectivement le voyage ça reste un moyen très efficace de nous sensibiliser, personnellement, mais aussi de propager des informations, auprès d’autres voyageurs et aussi des locaux. L’Asie a été un déclic pour moi aussi, le contraste entre la nature magnifique et la profusion du plastique partout, ça fait vraiment prendre conscience.
      En tout cas je suis contente que mon article t’ai plus, je vais y ajouter ton blog qui est aussi très pertinent 🙂

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